La Finance (2)

La finance (2)

Depuis le mois dernier, la bourse a de nouveau illustré les constatations présentées comme très générales dans l’article précédent. Fait nouveau, toutes les bourses de la planète, et même l’or, ont réagi simultanément de la même façon.

Comme à chaque fois, beaucoup de titres venaient d’être achetés à un prix élevé qui s’est affaissé dans les jours ou semaines qui ont suivi. Vu les quantités négociées, nombreux sont ceux qui ont vendu dans la précipitation parce que la chute du prix paraissait devoir continuer et pestent parce que les titres qu’ils possédaient remontent. Les mouvements de hausse et de baisse prononcés alternent depuis fin février. Mais ils doivent aussi se mordre les doigts de ne pas avoir vendu avant ces turbulences lorsque les cours étaient déjà assez hauts. Le titre Fortis, par exemple, n’a pas encore rattrapé le sommet atteint vers le 15-20 février. C’est presque toujours a posteriori qu’on s’en rend compte.

Une analyse de la situation dégage, comme toujours, une série d’explications. Tous les titres n’ont pas régressé et ensuite rebondi dans les mêmes proportions. A ce stade-ci, l’analyse devient complexe et les résultats moins certains. La confirmation de la hausse du taux de l’intérêt, la publication de l’évolution d’indices d’activités, l’annonce de ses résultats et de ses pronostics à un an par une entreprise emblématique, sont des événements plus ou moins influents. Le souhait, clairement annoncé, de regroupements dans le secteur bancaire joue aussi un rôle.
 
Comment réagir dans la gestion de son patrimoine ? Faut-il suivre tous les jours, ou presque, les nouvelles financières et boursières ? Mais alors, c’est l’activité professionnelle qui est perdante. Faut-il faire un choix entre ces deux objectifs ?

Envisageons aujourd’hui le cas de ceux qui consacrent peu de temps aux placements boursiers. A la longue, ils gagneront peut-être plus que ceux qui opèrent très fréquemment en bourse.

Dans l’incroyable foisonnement de titres de toutes sortes, il en est qui sont moins spéculatifs. Ils représentent des entreprises diversifiées, aux activités stables, gérées selon des principes qui varient peu ou pas et qui prospèrent sur une longue période. Voici un premier exemple.

Solvay : en 1982, il y a 25 ans, le titre se négociait autour de  2000 bef (+/- 50 €). Ce titre a été divisé par 10. Donc le titre actuel valait +/- 5€  en 1982. Il vaut aujourd’hui plus de 100 €. En 25 ans, le placement a été multiplié par 20 sans compter les dividendes, sans devoir scruter la bourse, sans faire d’opérations.

Ce titre a, lui aussi, connu des fluctuations qui ont pu effrayer certains actionnaires. Mais la peur n’était pas fondée, le résultat est là. Personne ne s’en plaint. En 25 ans, il peut avoir été nécessaire de vendre. Vous pouvez aussi avoir eu l’idée d’acheter. La question est donc de savoir à quel prix acheter et à quel prix vendre.

Des titres comme celui que nous évoquons maintenant connaissent des fluctuations moindres que les titres spéculatifs. Ils s’écartent donc moins d’une moyenne mobile. Mais ils n’échappent pas aux mouvements généralisés de panique, aux périodes de dépression et d’euphorie qui agitent les bourses. Voici l’évolution du cours de Solvay par rapport à une moyenne mobile prise comme référence.

Les chiffres situent le cours de l’action en pourcent de la moyenne mobile de début 1982 à mars 2007 : 100 – 145 – 70 – 115 – 75 – 116 – 91 – 124 – 88 – 120 – 82 – 118 – 77 – 117 – 99 – 117 – 100.

Voici quelques explications.

Le titre Solvay négocié aujourd’hui valait, début 1982, 5€. A ce moment-là, la moyenne mobile de ce titre s’établissait à peu près au même niveau. Donc le cours se situe à 100 % de la moyenne. De 1982 à 1987, le titre fut emporté par l’euphorie générale de la bourse et un dynamisme renouvelé de l’entreprise elle-même plus active dans son expansion. Le cours du titre atteignit 130 % de la moyenne et même momentanément 145 % (cours 39 €) à la veille de la panique mondiale d’octobre 1987. Suite à cette panique, le cours retombe à 70 % de la moyenne (cours : 22 €). Sept mois plus tard, le cours remonte à 115 % de la moyenne (cours : 33 €). Des mouvements similaires se produisirent encore entre août 1990 et avril 1991 : descente à 75 % (cours : 23 €) remontée à 116 % (cours : 33 €).

Plus récemment, en avril 1998, un nouveau sommet à 124 % (cours : 71 €) suivi d’un creux  en octobre 1998 à 88 % (cours : 57 €).

Après les sommets de 1998-2000 pendant lesquels le titre monte de nouveau à 120 % de sa moyenne (cours : 78 €), une première dépression le fait descendre à 82 % (cours : 55 €) début 2001. En février 2002, il remonte à 118 % (cours 74 €). Dans le creux  de mars 2003, le cours descend à  77 % (cours : 49 €). Dès la mi-avril 2003, le cours est revenu à 63 € soit 102 %. Les derniers pourcentages de la liste situent les mouvements récents.

Fin décembre 2006, la moyenne se situait à 99,1 €. En février 2007, le cours est monté à 115 % de la moyenne dans une certaine euphorie de la bourse. Ensuite il est momentanément retombé à la moyenne (106,1 €) en mars (donc 100 en pourcentage) suite à un tassement de la bourse chinoise.

Les creux sont des moments où un achat est intéressant. Les hauts sont éventuellement un moment où il n’est pas inintéressant de vendre. A chaque fois, la situation du titre par rapport à sa moyenne permet de prendre une décision d’achat ou de vente à un moment favorable.

Vu de cette façon, le placement à risque devient une expression inadéquate. Il faudrait dire « plus ou moins volatile ». En effet, un placement à taux d’intérêt fixe avec récupération du capital à l’échéance est tout aussi risqué, il l’est même bien davantage sur une période de 10 ans ou plus car il ne protège pas votre capital face à la hausse des prix. Comparez ce que vous faisiez avec 200 francs il y a 10 ans et ce que vous faites avec cinq euros aujourd’hui.

Comment apprécier à l’avance le moment favorable, soit à l’achat soit à la vente, sans devoir calculer cette moyenne mobile? La rubrique Finance se propose de vous informer mensuellement du cours moyen du titre selon la même technique de moyenne mobile. Ainsi vous pourrez prendre vos décisions d’une façon sûre, vous-mêmes, car nous ne donnons pas de conseils dans un sens ou dans l’autre.

F.G.

 

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Jeudi 5 avril 2007 — classé dans : Finance |
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