Bayer
L’évolution à long terme de Bayer
Le nom de cette entreprise allemande est très connu. Il s’agit d’un des plus grands groupes chimiques européens. Il exerce ses activités principalement en Europe et en Amérique du Nord. Sa stabilité se vérifie depuis trois décennies mais Bayer a connu un grave problème de stratégie qui s’est répercuté sur le cours de l’action pendant la crise de 2001-2003. Depuis, le titre a repris son ascension mais sans pouvoir récupérer le retard subi lors de cette crise précédente.
Début 1982, le titre coté valait 2150 bef (francs belges) soit 53.3 €. En 1996, il fut divisé par dix. Donc la valeur de l’action de 1982 est ramenée à 5.33 €. Or, aujourd’hui, 1er juillet, elle se négocie à 52,70 €. Sa valeur s’est donc multipliée par 9.88 en 26 ans et demi, ce qui correspond à un intérêt composé de 9 %, sans compter les dividendes assez consistants mais fluctuants dans les deux sens.
De 1982 à 2000 inclus, le cours a évolué entre 90 et 120 % de sa moyenne. Les dépassements furent rares, les creux en dessous de 90 % aussi. Les mouvements prononcés furent brefs vers le haut, plus longs sous la moyenne mais sans atteindre un an.
De 2001 à 2003, ce titre a très manifestement faibli par rapport au secteur de la chimie. Cette sous-performance a amené l’action à 50 % de sa moyenne mobile, en mars 2003. A ce moment, l’action Bayer ne valait plus que la moitié de sa consoeur BASF alors que les cours deux titres avaient toujours été très proches en toutes circonstances. Ce parallélisme des mouvements entre ces deux actions a repris dans le courant de 2003 mais sur base du cours raboté de Bayer. Attention ! L’action BASF vient d’être divisée par deux, fin juin. La cotation de Bayer paraît donc supérieure.
Un tel faux-pas d’une entreprise de premier plan est rare. Mais cela arrive. Une crise générale est une période favorable pour ces événements regrettables. Dans la crise actuelle qui pourtant n’est pas finie, vous pouvez déjà supputer que l’une ou l’autre très grande société ne parviendra pas à se redresser comme les meilleures. Mais, lorsque l’actionnaire s’en rend compte, il est déjà trop tard pour en sortir, le mal est fait. Le cas d’UBS (Union des Banques suisses), celui de Dexia, celui de Fortis sont des exemples de titres qui connaissent un recul particulièrement sévère. Mais changer de placement maintenant c’est risquer de jeter son dévolu sur une action qui va seulement connaître une décadence prononcée.
L’exemple de Bayer tombe à pic pour attirer l’attention sur trois aspects de la question.
1. Il n’y a pas de sécurité absolue et permanente, même avec une liste triée de sociétés de premier plan.
2. Malgré son faux-pas, Bayer affiche une performance globale honorable. En ayant acheté un petit supplément de titres dans la période de creux particulièrement prononcé (2002-2003), le résultat serait redevenu assez brillant dès que le redressement de la bourse s’est manifesté. Et Bayer résiste particulièrement bien en ce premier semestre 2008.
3. Personne ne peut dire quand nous sortirons de la crise. Nous ne nous apercevrons en être sortis que lorsque les cours seront remontés. A ce moment-là, il sera trop tard pour faire la bonne affaire.
Voici quelques autres pistes de réflexion :
- Vendre des actions d’une société de dimension internationale qui a bien résisté jusqu’ici pour accroître son placement dans une autre qui s’est affaissée n’est pas nécessairement une bonne opération, de même que vendre des actions très diminuées d’une société de dimension internationale au profit d’actions qui ont mieux résisté.
- Les entreprises positivement remarquées sur un quart de siècle dans ces articles-ci ne sont évidemment pas les seules recommandables. Mais avec ces entreprises, le risque de voir son patrimoine être réduit pendant un an, voire deux, est faible et les fluctuations maximales sont assez bien approchées pour vous aider dans les décisions.
- Il est élémentaire de répartir son avoir sur plusieurs titres.
- Des entreprises moyennes ou petites peuvent être plus intéressantes mais pour en être assez sûr il faut obtenir des informations qui échappent généralement aux actionnaires anonymes.
Arrêtons-nous, comme chaque mois, au tableau de la situation actuelle des actions abordées dans les articles précédents.
Attention : la dépression s’approfondit. Les commentaires négatifs se multiplient. Ces deux faits se renforcent l’un l’autre et provoquent des mouvements excessifs. C’est ce qui justifiera un redressement. Il en est de même quand l’euphorie se répand.
Le fait que de très grandes entreprises occidentales paraissent renoncer à réaliser de grosses acquisitions à prix élevé serait un début de retour à la sagesse. L’intérêt pris par de grands groupes orientaux dans de grandes entreprises occidentales est plutôt prometteur d’un redressement futur.
N’en déduisez pas que le sursaut est pour demain mais il y aura des sursauts. Et ce sera l’occasion de revendre une partie de ce qui aura été acheté à un cours inférieur. Car il ne faut pas rêver, la crise est importante et sa durée inconnue. Sommes-nous au plus bas ? Si vous vous rappelez les cotations de mars 2003, il faut bien répondre « non ».
Titres cours moyen un cours le cours/moyenne
le 01.07.08 01.07.08 le 01.07.08
Anglo American Corp. 41,8 € 43,0 € 103,0 %
Bayer 53,8 € 52,7 € 97,8 %
Bekaert 95,8 € 98,1 € 102,3 %
Boeing 55,0 € 41,0 € 74,6 %
General Electric 22,5 € 17,0 € 75,7 %
I.N.G. 25,4 € 20,0 € 78,9 %
Nestlé (*) 30,5 € 28,8 € 94,4 %
Pfizer 14,2 € 11,2 € 79,1 %
Procter & Gamble 44,5 € 39,3 € 88,2 %
Rio Tinto 69,9 € 72,4 € 103,6 %
Robeco 25,6 € 22,8 € 89,1 %
Siemens 81,2 € 70,2 € 86,5 %
Sofina 76,6 € 69,5 € 90,7 %
Solvay 92,1 € 82,3 € 89,4 %
Total 53,0 € 54,1 € 102,0 %
Unilever 21,2 € 17,8 € 83,9 %
(*) : Le titre Nestlé a été divisé par 10 fin juin 2008.
F.G.



