Stratégie Boursière et Roi Dollar

Nous écrivions fin juin que l’Union Européenne s’enfonçait dans le marasme sans véritable sursaut. Banques et gouvernements paraissent soulagés par le redressement de l’euro. Les financiers s’en frottent les mains eux qui viennent déjà d’être rassurés par les avis favorables sur la capitalisation des banques. Les politiques, de leur côté, ne font aucun effort de remise en question. La bourse en souffre et n’est pas prête d’en sortir. Face à ces problèmes et à d’autres que nous subodorions déjà en juin, il est souhaitable d’adapter la stratégie de placements.

 
Les indications fournies depuis le premier des 42 articles sont axées sur des placements sûrs qui prospèrent peu à peu sur une longue période. Les titres suivis offrent toujours le même avenir mais cet avenir est devenu plus chaotique parce que nos dirigeants dépensent mal l’argent des impôts et des taxes. Les grandes entreprises internationales n’en souffrent guère actuellement mais le tissu économique régional, entreprises et particuliers trinquent de plus en plus. D’autre part, nos dirigeants favorisent outrancièrement les créanciers de l’Etat et quand ils se penchent sur les malheurs des acteurs économiques ils pensent à « subsides », la réponse inadéquate par excellence.

 

Dans ce contexte dont on n’est malheureusement pas près de sortir, il nous semble de plus en plus pertinent de vendre, peu à peu au fur et à mesure de la hausse, des actions dont le cours dépasse 120 % de leur moyenne, même 115 % pour les moins volatiles comme, par exemple, Solvay et Nestlé. Le niveau de 130 % deviendra probablement assez rare mais possible. Le cas de Bekaert, qui ce vendredi matin 30 juillet paraît s’emballer, en est une illustration.

 

Pour des rachats, il reste intéressant de ne racheter que peu à peu en dessous du cours moyen. Les occasions ne manquent pas. Il ne faut surtout pas croire que les cours ne descendront guère.

 

Faut-il préférer les titres de la zone euro ou ceux de la zone dollar ? Il en faut des deux sortes car les dirigeants de ces deux zones ont des politiques économiques et monétaires très différentes pour ne pas dire opposées. Les fluctuations des deux monnaies font fluctuer le cours des actions et créent des occasions d’achat et de vente. General Electric, très décevante lors la crise financière, a déjà offert de belles occasions. Cette action descendue à 40 % du cours moyen en 2009 est remontée à 120 % en 2010. Depuis lors, elle est redescendue entre 90 et 95 %. Actuellement elle remonte au-dessus de 100 % malgré un dollar qui vient de s’affaiblir.

 

La stratégie précédente (acheter et laisser prospérer) est peut-être encore bonne à longue échéance. Mais, dans le contexte actuel, être actif comme nous le proposons depuis plusieurs mois, est probablement plus indiqué pour celui qui veut voir prospérer son patrimoine peu à peu chaque année. Cette dernière façon d’agir offre, déjà à court terme avec les titres du tableau, un beaucoup meilleur rendement que les placements à revenu fixe. Le fait d’avoir un compte à vue bien garni doit être considéré comme une aubaine et non une erreur au point de vue des placements. Cet argent pourra être placé de manière très avantageuse. Les nouvelles actuelles sont trop flatteuses pour durer et maintenir tous les cours au niveau actuel.

 

Depuis les conclusions favorables sur la capitalisation des banques, la bourse française s’est bien redressée comme la plupart des titres de banques européennes et de compagnies d’assurance. Cette euphorie s’est plus ou moins propagée aux autres valeurs européennes. La bourse américaine a également progressé. Nous pensons que ce mouvement est dû aux meilleurs résultats des entreprises industrielles américaines. En comparant le Dow Jones en $ au même indice évalué en €, vous constatez que la hausse est actuellement annulée par l’affaiblissement du $ et que le niveau de l’indice n’a pas bougé depuis un mois.

 

Pour vous aider également dans ce domaine, nous communiquerons dorénavant aussi dans le tableau le cours du $ et son cours moyen évalué comme les actions, donc constamment mobile. Depuis l’utilisation de l’euro pour les cotations, le $us, évalué en €, a fluctué entre 90 % et 116 % de son cours moyen. Donc la cotation du $ n’est pas descendue de plus de 10 % par rapport au cours moyen, et il n’a pas excédé de plus de 16 % le cours moyen. De 1999 à fin 2002, le $ a fluctué en mouvements rapides d’une amplitude maximale allant de 91 à 111 % du cours moyen. C’était le début de la cotation du €. Depuis 2003, année du redressement des bourses  après deux très mauvaises années, les mouvements ont été plus longs mais d’une moindre amplitude : 2003 (91-101-90), 2004 (101-90), 2005 (92-105), 2006 (102-95), 2007 (93-97). A partir de 2008, année où la crise financière frappe l’ensemble du monde, les fluctuations du $us tendent à devenir plus amples vers le haut, 2008 (91-116-100), 2009 (109-94), 2010 (112-101). Le plancher paraît stable à +/- 90 %. Les sommets récents sont plus hauts. Ils peuvent s’expliquer par une longue glissade de 2003 à 2007. Les sommets comme les creux sont presque tous de très courte durée, moins d’un mois, parfois même moins d’une semaine. L’ensemble est plutôt réconfortant. Différents usages pourront être faits de cette nouvelle indication, notamment le placement de trésorerie et l’appréciation des titres américains. N’oubliez pas non plus qu’une forte appréciation du $ pénalise les entreprises américaines exportatrices comme une hausse de l’euro pénalise les entreprises européennes qui exportent hors de la zone euro. Les mouvements de l’action Delhaize, fort active aux USA, sont partiellement provoqués par ces mouvements du $.

 

Dans le tableau, les cours se sont généralement redressés par rapport au mois précédent. Il se confirme que des opérations de vente et d’achat sont possibles et rentables. Les mouvements n’ont normalement pas la même ampleur pour des titres comme Solvay, Sofina, Nestlé, Sanofi, Total, General Electric, Procter & Gamble qui commencent à être intéressants à l’achat à 95 %, et d’autre part les autres actions où il vaut mieux attendre 90 % avant de commencer à acheter en prévoyant des achats par palier. Il en est de même pour la vente. Attention, en ce domaine rien n’est absolu. En effet, fin avril, General Electric a atteint brièvement 125 % alors que le niveau 115 % paraît plus normal.

 

Titres cours moyen un cours le cours/moyenne  
  le 29.07.10 le 29.07.10 le 29.07.10  
gg gg gg gg  
Dow Jones $   10262 10467 102.0 %  
Dow Jones en € 7775 8009 103.0 %  
Dollar us (en €) 0.7576 0.7652 101.0 %
(1)
gg gg gg gg  
Boeing 47.9 € 51.4 € 107.3 %  
General Electric 12.2 € 12.4 € 100.9 %  
Pfizer 12.2 € 11.5 € 94.4 %  
Procter & Gamble 46.3 € 47.2 € 102.0 %  
Schlumberger 46.5 € 45.8 € 98.4 %  
United Technologies C. 51.4 € 54.4 € 105.9 %  
gg gg gg gg  
DJ eurostoxx 50  2741 2753 100.4 %  
         
AXA 14.6 € 14.2 € 97.5 %  
Basf 42.6 € 44.8 € 105.2 %  
Bayer 47.8 € 44.1 € 92.3 %  
I.N.G. 6.9 € 7.7 € 110.7 %  
L.V.M.H. 82.8 € 92.1 € 111.1 %  
Sanofi-Aventis 50.4 € 44.8 € 89.0 %  
Siemens 69.6 € 74.7 € 107.4 %  
Total 40.3 € 38.4 € 95.2 %  
Unilever 22.1 € 22.5 € 102.0 %  
gg gg gg gg  
Robeco 20.4 € 20.7 € 101.2 %  
Unibail-Rodamco 140.2 € 149.9 € 106.9 %  
gg gg gg gg  
Anglo American Corp. 29.0 € 30.4 € 104.8 %  
Bekaert 124.7 € 150.5 € 120.7 %  
Delhaize 58.7 € 56.6 € 96.6 %  
Nestlé 35.4 € 37.8 € 106.7 %  
Rio Tinto 37.0 € 40.1 € 108.2 %  
Sofina 65.5 € 66.4 € 101.7 %  
Solvay 72.0 € 75.8 € 105.3 %  
(1) C’est souvent l’euro qui est apprécié en $us considéré comme monnaie dominante. Mais dans ce cas, le pourcentage indiquerait le niveau de l’euro et non du $. Le cours du 29.07 correspond à 1.3069 $ pour un €.

 

FG

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Jeudi 5 août 2010 — classé dans : Finance |
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