C’est en 1855 que tout a commencé pour la famille Leysen et ce n’est pas prêt de s’arrêter. Joailliers de père en fils, c’est ce qu’on est chez les Leysen, Maxime assure la relève. Nous l’avons rencontré…
BEP : Comment cela a-t-il commencé ?
M.L. : Très bon ouvrier artisan, en 1855, Louis leysen ouvrait un atelier de réparation et de transformation de bijoux puis une fabrique connue sous le nom d’ « Atelier de Bijouterie ». En 1872, Jules succédait à son père et ouvrait avec son épouse la firme Leysen-Persoons. Ce sont ensuite Louis, Henri et Charles, les trois fils de Jules, qui amplifiaient le label Leysen et sa renommée à Bruxelles. Au décès de ses frères, Charles continuait avec Jacques et Pierre, fils d’Henri, qui ont doté la maison de l’esprit convivial que l’on connait encore aujourd’hui. Puis mon père, Henri qui est toujours en activité et qui a eu trois enfants.
BEP : Pas seul donc pour succéder ?
M.L. : La joaillerie si car mon frère a décidé de prendre un autre chemin et ma sœur, créatrice de bijoux, préfère se tourner vers une clientèle de luxe, bien sûr, mais disons plus accessible.
BEP : Et comment vous êtes-vous préparé à être successeur dans une dynastie de bijoutiers-créateurs au sommet de l’élégance et du luxe ?
M.L. : Audace et maîtrise dans la création et tradition, c’est dans le sang des Leysen…
BEP : Oui mais encore ? Quelles études ?
M.L. : Oui, bien sûr, Vesalius College (USA), Bachelor en Business Economics, Master en Finance… Une formation commerciale à Londres et une expérience internationale dans de grandes maisons de Haute Joaillerie…
BEP : Oui je vois, les langues et le business en gros mais en gemmologie aussi pour quelqu’un qui doit trouver, acheter et monter des pierres ?
M.L. : Effectivement au Conseil Supérieur du Diamant à Anvers et HRD Institute of Gemology mais pour le théorique principalement car connaître, reconnaître et acheter des pierres précieuses, cela s’apprend sur le terrain… La pratique en étant bien écolé voilà la manière.
BEP : Vous êtes donc prêt pour assurer la 6ème génération des Leysen ?
M.L. : Oui même si, suivant ce que je viens de dire, c’est une profession que l’on apprend et découvre tous les jours notamment en créations.
BEP : Tiens oui, comment un bijou est-il créé ?
M.L. : Suivant les désirs du client avec qui le contact est toujours privilégié, avec qui la plus grande écoute est de rigueur.
BEP : Sait-il vraiment toujours ce qu’il veut ?
M.L. : Dans ce cas, il y a des lignes à garder… Des assemblages et associations à faire et à ne pas faire, des normes qui existent depuis que le bijou est de ce monde mais nous voyons aussi toujours la personnalité du client pour que son bijou lui colle !
BEP : Du sur mesure en quelque sorte ?
M.L. : Certainement !
BEP : Vous êtes nombreux chez Leysen ?
M.L. : Non, 7 personnes à une adresse, ici, et deux ateliers propres et 2 en sous-traitance.
BEP : Pas d’autres boutiques en vue ?
M.L. : Chine peut-être et des discussions sont aussi à l’ordre du jour avec Harrods… Il faut suivre la mondialisation, nous aussi, mais il ne faut pas d’enseignes à chaque coins du pays… Le client vient chez-nous ou nous allons chez lui !
BEP : Je comprends vu le côté exclusif de la joaillerie qu’est la vôtre… Tiens au fait, Fournisseur de la Cour… C’est un plus pour vous ?
M.L. : Ce titre est toujours un plus mais différent pour tous aussi… Chocolats et biscuits, par exemple, seront directement mieux vendus mais pas nos produits… Pour nous ce titre amplifie notre image à l’étranger.
BEP : Avez-vous quelques anecdotes ? Nos lecteurs en sont friands…
M.L. : De la famille ou des clients ? Concernant Leysen, j’ai une belle histoire… En ce qui concerne les clients c’est délicat mais bon… Deux peut-être sans être trop précis…
BEP : Bien sûr, je comprends, allez-y…
M.L. : La guerre venant, les Leysen ont eu l’idée de cacher le stock de pierres et quelques pièces exceptionnelles dans des cylindres en acier enfouis dans les murs de la joaillerie située alors rue Marché aux Poulets afin que l’ennemi ne s’en empare… Très bonne idée qui permit de relancer l’affaire une fois la guerre terminée mais… Quelques cylindres ont été « oubliés » !
Les clients extravagants… 2 ans pour faire un service en or qui a servi… 1 x ! Et encore une : Nous avons fabriqué un train miniature en or et pierres précieuses … Il circulait sur la table du salon avec dans les wagons les amuse-bouche pour l’apéro !
BEP : Pouvons-nous connaître votre chiffre d’affaire ?
M.L. : Non !
BEP: Joker ?
M.L.: Non, je ne cache rien mais ne peut vous répondre car le chiffre d’une année peut dépendre d’une pierre bien ou mal achetée ou encore bien ou mal travaillée !
BEP : Le secret de la réussite des Leysen ?
M.L. : Passion et savoir-faire avec comme force l’esprit familial…
Ainsi se terminait notre rencontre avec Maxime Leysen qui ouvre la 6ème génération de la joaillerie Leysen, une maison belge de renom international qui mélange avec raffinement tradition et innovation en matière de bijoux pour le plaisir des têtes couronnées et autres et qui éblouit, lui, par sa simplicité en prouvant ainsi l’esprit familial fort de cette dynastie.
Raymond Euchamps